La Lune en Parachute inaugure ce soir une belle exposition photo « Cruzamientos » qui fait se confronter deux regards : celui de la photographe Aurore-Alexandra Castellacci installée au Pérou et du vidéaste mexicain Vir Andres Hera.

 

La lune en parachute interroge une nouvelle fois nos sens et notre regard sur le monde d’aujourd’hui à travers une exposition intéressante « Cruzamientos », qui signifie en espagnol croisement. Le croisement de deux regards sur l’Amérique latine, à travers des artistes au parcours totalement différent et aux expressions différentes. Mais qui ont pour point commun l’image. L’image fixe d’une part à travers le travail de la photographe française Aurore-Alexandra Castellacci. Installée à Lima, capitale du Pérou depuis 3 ans, cette jeune femme formée à la géopolitique et à la littérature désormais photographe spécialisée dans la coopération internationale pour le ministère de l’industrie, y a vécu des choses forte. Et parfois douloureuses, avec l’assassinat de son compagnon en 2013. Au-delà de son soutien en faveur des violences faites aux femmes péruviennes, elle a produit un travail sur le deuil au sein d’un livre d’artiste « Au Revoir ». Pour cette exposition composée de 70 clichés noir et blanc de grand format, l’artiste nous convie à un voyage au Pérou et en Bolivie. Loin des clichés carte postale de brochures touristiques.

L’envers du décor

Se dessine alors une Amérique latine plus abrupte, au-delà des considérations anthropologiques. Où l’on devine avec subtilité, grâce à une mise en scène signée du philosophe Milan Garcin, la profondeur de la culture. Et le rapport que l’humain y entretient avec la nature, les croyances et les éléments. On chemine devant des photographies fortes de paysages parfois étranges ou inquiétantes. Puis au travers de portraits d’hommes et de femmes. Mais aussi des divinités, de signes ésotériques et « monstrueux » qui portent à réflexion sur ce monde en mutation. On devine la lutte des classes, La pauvreté. Jamais très loin. Une sorte de parcours initiatique sur les traces de peuples méconnus, dans l’envers du décor. Un pas de côté où seules les images appuient un propos déroutant sur ces peuples sud-américains. Ceux-là même que le vidéaste mexicain Vir Andres Hera, qui vit en France a tenté de décortiquer à son tour dans les deux vidéos visibles dans les deux salles du bas « Talaveresco » (2014-2016) et « Souvenirs d’Occident ». Où il est question cette fois de la marche de notre histoire. A travers le témoignage de femmes amérindiennes qui voient leurs langues disparaître et de l’histoire des noms de fleurs… Témoigagne double et touchant d’une société contrastée.

L’exposition CRUZAMIENTOS fait intervenir la photographe Aurore-Alexandra Castellacci et le cinéaste Vir Andrès Hera. Tandis que la première est une artiste française qui vit au Pérou depuis plusieurs années, Vir Andrès Hera est un artiste mexicain qui a habité en France et en Espagne. L’exposition aura lieu du 17 mars au 20 avril à la Plomberie d’Epinal.

 

Le regard de Castellacci, avec tout le mysticisme et l’ésotérisme qu’un regard européen peut apporter dans l’interprétation de la vie d’un pays d’Amérique du Sud, évolue au fil des thématiques abordées.  Le travail de Castellacci parle à la fois de la nature des liens qu’elle entretient elle-même avec le Pérou, mais aussi de la structure même des relations de l’homme à l’espace qu’il habite, qu’il modèle, et qu’il rend signifiant.

L’ambition de l’exposition est de montrer à la fois la nature polymorphe de ce regard, mais également de proposer au visiteur une confrontation à ses propres constructions mentales et à son propre imaginaire vis-à-vis de l’Amérique du Sud. Des bas-fonds à la démesure des villes et des paysages, du dionysiaque au sublime, l’exposition constitue une véritable plongée dans le regard de l’artiste, où chacun est libre de trouver un reportage, une remise en question ou un parcours initiatique. Les films de Vir Andrès Hera sont l’expression d’un regard très critique sur la colonisation sémantique de l’Amérique Latine. Ce regard, quasiment en miroir de celui de la photographe, constitue une mise en images onirique de notre rapport à l’étranger, tant du point de vue sémantique que politique.

​Le visiteur est ainsi conduit dans un parcours qui le mène à travers des paysages et des phénomènes qui laissent entrevoir des figures ésotériques, et qui le conduisent à interroger son propre rapport à la lecture mystique des territoires évoqués par les images qu’il a sous les yeux.

 VERNISSAGE VENDREDI 16 MARS 2018 – 19H ​

​​EXPOSITION

Du 17 mars au 20 avril 2018

Mercredi – Samedi : 13H – 18H

Dimanche : 14H – 18H

Entrée Libre

Visites commentées Tout Public sur RDV

“Durante 5 años he vivido este proceso de duelo, esta experimentación del vacío y es a través de la fotografía que he podido enfrentar y entender las emociones que me sumergían: la tristeza, la cólera, la incomprensión, hasta llegar a la aceptación y a la calma”, dice la autora del fotolibro.

Este proyecto fotográfico, que se compone de una mezcla de autorretratos y fotografías del mar, estará a la venta en la feria Casa Arte, calle Dos de Mayo 864 –Miraflores, el 9 y 10 de diciembre.

“A través de 'Au Revoir', me pregunté sobre la relación entre la realidad y lo intangible, la muerte como parte de nuestra vida y la batalla interior del alma para salir adelante a través del mar como espejo”, sostuvo la artista.

Castellacci se encuentra en la elaboración de otra muestra fotográfica sobre la región andina que se presentará en Francia, en marzo.

Please reload

​© 2018 Copyright Aulexa, all rights reserved.

  • Instagram - Cercle blanc
  • Facebook - White Circle

Aurore-Alexandra Castellacci AULEXA photographie, photographe freelance, photographe perou, artiste photographe, fotografa lima
Email: info@aulexa.com